Evrestien (Langue)
AutonymeEvrestën /ɛvɾɛsˈtøn/
TypologieMixte harmonisée, SVO, agglutinante
PaysRoyaume d'Evrest
Locuteurs~8,3 millions (L1) ; ~10,3 millions (L1 + L2)
ÉcritureAlphabet latin evrestien (22 lettres)
Organisme de régulationAcadémie Royale de la Langue Evrestienne (Cëngalë Academi dfo Evrestën Pāic)
Statut officielLangue nationale du Royaume d'Evrest ; officielle au niveau fédéral

Evrestien (Langue)

Présentation linguistique, historique, phonologique et grammaticale de la langue evrestienne.

L’evrestien (en evrestien : evrestën /ɛvɾɛsˈtøn/) est la langue nationale du Royaume d’Evrest et la langue officielle commune au niveau fédéral. Elle compte environ 8,3 millions de locuteurs natifs (L1) et rassemble environ 10,3 millions de locuteurs au total en incluant les locuteurs de langue seconde (L2), qui comprennent les populations insulaires bilingues, les résidents étrangers au sein du royaume, ainsi que la diaspora et les partenaires marchands établis dans le bassin de l’océan Indien et du Pacifique Sud. Si l’evrestien est la langue maternelle quasi exclusive sur l’île principale et au Södiland, les provinces insulaires de Lëmcitei et de Sioroto se distinguent par un bilinguisme sociolinguistique marqué, où la langue locale — le semal — demeure particulièrement présente dans la vie quotidienne.

L’evrestien conserve par ailleurs une couche coréenne ancienne issue du proto-evrestien, introduite lors des comptages maritimes du XVIe siècle. Cette couche, plus lisible dans les provinces insulaires, reste visible dans le vocabulaire courant : saram et gomin (les gens), mori (tête), nal (cru), vën (science).

Sur le plan de la typologie linguistique, l’evrestien est généralement classé comme une langue mixte hautement standardisée ou un créole à bases multiples, résultant de la rencontre historique entre un substrat d’Asie de l’Est (coréen médiéval, mandarin classique et japonais) introduit au XVe siècle et plusieurs superstrats maritimes européens (portugais, néerlandais, français, anglais et scandinave) établis à partir du XVIIe siècle.

Régulée par l’Académie Royale de la Langue Evrestienne (Cëngalë Academi dfo Evrestën Pāic) fondée en 1765 et consacrée par la Constitution du 24 octobre 1828, la langue se caractérise par une morphologie essentiellement agglutinante et transparente, une phonologie stricte sans lettres muettes, un ordre syntaxique Sujet-Verbe-Objet (SVO), un système de détermination nominale par suffixes, ainsi qu’une invariabilité complète des adjectifs, lesquels sont obligatoirement antéposés au substantif.


Typologie et caractéristiques générales

L’organisation morphosyntaxique de l’evrestien moderne se distingue par une grande régularité, issue à la fois de l’héritage grammatical de ses langues sources et du travail d’harmonisation conduit par l’Académie Royale :

  • Typologie morphologique : Langue principalement agglutinante. Les relations syntaxiques, la détermination, les nuances aspectuo-temporelles et les degrés d’intensité s’expriment par l’adjonction de morphèmes affixaux réguliers.
  • Ordre syntaxique canonique : Langue de type SVO (Sujet-Verbe-Objet). Le sujet grammatical doit être obligatoirement exprimé, l’evrestien n’étant pas une langue pro-drop.
  • Position du modificateur : Ordre strictly Modificateur-Tête. Les adjectifs qualificatifs, les quantifieurs et les propositions déterminatives précèdent systématiquement le substantif qu’ils qualifient.
  • Absence de genre grammatical : L’evrestien ignore toute distinction de genre masculin/féminin ou neutre dans la morphologie nominale, adjectivale et verbale.
  • Transparence orthographique : L’écriture suit une correspondance biunivoque stricte entre graphèmes et phonèmes, sans recours aux lettres muettes ni aux digrammes polyphoniques.

Histoire linguistique

L’évolution de l’evrestien s’articule autour de trois grandes phases historiques distinctes :

Rendu du schéma...

1. Le substrat est-asiatique et le « sabir de Höanpo » (XVe - XVIe siècles)

La genèse de la langue débute avec l’arrivée dans l’archipel de l’expédition maritime coréenne commandée par Cim Sëng-Höan vers 1440, sous le règne du roi Sejong le Grand de Joseon. Les marins et marchands établissent le premier établissement permanent à Höanpo, dans la baie qui deviendra le centre de la future capitale. f Durant cette première période, un sabir de contact mêlant le coréen médiéval, le mandarin classique et quelques apports japonais se forme pour administrer les échanges maritimes et les installations côtières. Si les apports lexicaux de ce proto-evrestien ont été en grande partie remplacés lors des siècles suivants par des emprunts européens, il a durablement façonné le cadre syntaxique et structural de la langue moderne :

  • L’antéposition obligatoire de l’adjectif devant le nom ;
  • L’invariabilité morphologique de l’adjectif ;
  • La structure verbale sans désinences de personne ni marques de genre.

2. Les comptoirs européens et la pidginisation (XVIIe - XVIIIe siècles)

À compter de 1605, date à laquelle le gouverneur Seon Jïn He proclame la fondation d’un royaume souverain sous l’autorité de la Maison Jïn He, l’archipel s’ouvre aux navigateurs et négociants d’Europe occidentale :

  • Le portugais s’implante initialement via les comptoirs méridionaux de Cristal (Södiland), introduisant le vocabulaire de la marine, de l’écriture et de la cartographie (sair, sortir ; escrib, écrire ; amvë, aimer).
  • Le néerlandais pénètre le grand bassin fluvial du Deltien, léguant une terminologie marchande, financière et artisanale prépondérante (nëim, prendre ; snel, rapide ; banc, banque ; verbond, alliance).
  • Le français rayonne dans la province du Pansien et dans l’établissement administratif de Löis, fournissant les termes du droit civil, des institutions et de la gastronomie.
  • L’anglais connaît une diffusion marchande et manufacturière majeure à compter du début du XVIIIe siècle, notamment autour du carrefour commercial de Sejongpo.
  • Le scandinave (suédois et norrois) est introduit par des contingents de bûcherons et mineurs installés dans les forêts et massifs de l’Öestienland (varm, chaud ; härd, dur ; nerë, près).

3. Normalisation académique et institutionnalisation (XVIIIe - XIXe siècles)

Au milieu du XVIIIe siècle, l’intensification des échanges et le développement économique interprovincial font craindre une dérive vers une fragmentation linguistique entre le bloc dialectal néerlandophone du Deltien et les zones sous influence francophone ou anglophone.

En 1765, la Couronne crée l’Académie Royale de la Langue Evrestienne (Cëngalë Academi dfo Evrestën Pāic). L’institution entreprend la sélection, l’uniformisation et la codification des parlers locaux en retenant pour base le parler de Höanpo :

  • 1802 : Publication du Dictionnaire Général de la Langue (Genalë Lexicon), éliminant les doublets synonymiques régionaux et fixant les règles étymologiques.
  • 1828 : La Constitution fédérale du 24 octobre 1828 érige l’evrestien en langue nationale exclusive et langue officielle des institutions fédérales et provinciales.
  • 1845 : Promulgation de la Grammaire Evrestienne (Evrestën Gramarë), établissant définitivement le système des articles suffixés, les degrés morphologiques réguliers et l’alphabet officiel débarrassé des caractères superflus.

Statut et sociolinguistique

Statut juridique et régime linguistique

Au niveau fédéral, l’evrestien est la langue nationale du royaume et la langue officielle de travail des institutions centrales (débats à la Chambre des Représentants, au Conseil des Provinces, diplomatie, défense nationale et justice fédérale).

En vertu du principe fondamental d’étanchéité des compétences consacré par la Constitution du 24 octobre 1828, l’éducation, la culture et l’administration locale relèvent de la souveraineté exclusive de chaque province. Les provinces disposent ainsi de la pleine liberté constitutionnelle de fixer leur propre régime linguistique :

  • À Lëmcitei : le semal est langue co-officielle à part entière, bénéficiant d’une stricte égalité juridique avec l’evrestien dans les institutions, les tribunaux locaux et le système scolaire insulaire.
  • À Sioroto : le semal possède également le statut de langue co-officielle reconnue par la charte provinciale, bien que dans les faits, l’evrestien demeure prédominant dans les actes administratifs et les débats parlementaires insulaires.
  • Sur l’île principale et au Södiland : les chartes provinciales retiennent l’evrestien comme seule langue officielle et langue exclusive de l’instruction publique.

Démographie des locuteurs et répartition

Le nombre total de locuteurs est estimé à environ 10,3 millions de personnes à l’échelle mondiale :

  • Locuteurs de langue maternelle (L1) : ~8,3 millions, résidant en quasi-totalité sur l’île principale d’Evrest et dans la province méridionale du Södiland.
  • Locuteurs de langue seconde (L2) : ~2,0 millions, regroupant :
    • Les populations des provinces insulaires bilingues de Lëmcitei et de Sioroto (~400 000 personnes) ;
    • Les résidents permanents, travailleurs étrangers et expatriés installés dans les grands pôles métropolitains du pays (Deltien, Sejongpo, Evrest Capital) ;
    • La diaspora evrestienne.

Dialectologie et variations régionales

Bien que la norme académique soit universellement enseignée et comprise, plusieurs accents et parlers régionaux subsistent :

  • Le parler de la Capitale : Variété de référence parlée dans la conurbation d’Evrest. Elle se singularise par une réalisation soignée de la fricative palatale /ʝ/ pour la graphie j et un équilibre lexical entre influences romanes et germaniques.
  • L’evrestien deltien (Deltën) : Parlé dans la province du Deltien et sa métropole industrielle. Il conserve des traits phonétiques germaniques marqués (assourdissement des consonnes finales) et de nombreux emprunts néerlandais dans le langage des affaires et de l’ingénierie.
  • Le parler du Pansien et du Nord-Victoria : Dans les régions marquées par l’empreinte coloniale française, la lettre j est fréquemment réalisée comme la fricative post-alvéolaire voisée /ʒ/ (« jour ») au lieu du /ʝ/ standard.
  • L’accent méridional et insulaire : Au Södiland, l’intonation est caractérisée par une prosodie cadencée et l’usage occasionnel de vocables issus du portugais des pêcheurs. Dans l’Öestienland, l’accent présente un profil mélodique ascendant hérité du suédois.

Situation sociolinguistique et langues insulaires

L’usage vernaculaire de l’evrestien n’est pas homogène à travers l’archipel. Si l’evrestien constitue la langue maternelle (L1) de la quasi-totalité des foyers de l’île principale et du Södiland, les deux provinces insulaires orientales connaissent une situation de bilinguisme sociolinguistique marqué :

  • Lëmcitei : Sur l’Île de Lëmcitei (~98 000 habitants), la majorité de la population communique au quotidien en lëmcitein (lëciteio). La langue insulaire y bénéficie d’une très forte vitalité sociale, familiale et civique : elle est la langue d’usage spontané dans la rue, les commerces de proximité et les débats de l’Assemblée provinciale. Le bilinguisme avec l’evrestien y est quasi universel, ce dernier étant maîtrisé en langue seconde (L2) et employé principalement pour les interactions administratives fédérales et les relations interprovinciales.
  • Sioroto : Sur l’Île de Sioroto (~303 000 habitants), le siorotois (variété insulaire issue du même rameau oriental que le lëmcitein) conserve un ancrage populaire très profond, en particulier dans les municipalités de pêcheurs, le monde agricole et les générations plus âgées. Dans la capitale provinciale et les secteurs tournés vers le commerce maritime, la haute technologie et l’université, l’evrestien s’est toutefois largement imposé. Il en résulte une diglossie fonctionnelle où le siorotois incarne la langue de l’intimité, des traditions et du patrimoine littoral, tandis que l’evrestien domine les échanges économiques et administratifs.

Relations génétiques avec le rameau lëciteien

Le semal et l’evrestien partagent une histoire ancienne remontant aux premiers peuplements est-asiatiques d’Evrest, mais les deux langues ont suivi des trajectoires différentes. Le semal, principalement conservé dans les communautés insulaires de Lëmcitei et de Sioroto, a davantage préservé son héritage lexical est-asiatique tout en développant ses propres évolutions phonétiques, grammaticales et sémantiques.

Le semal ne constitue donc pas un dialecte de l’evrestien. Il s’agit d’une langue historique distincte, aujourd’hui représentée par deux dialectes régionaux reconnus : celui de Lëmcitei et celui de Sioroto.


Système d’écriture et phonologie

L’alphabet evrestien

L’evrestien s’écrit au moyen d’un alphabet latin adapté comprenant 22 lettres fondamentales.

Lors de la standardisation de 1845, l’Académie Royale a officiellement écarté les lettres k, u, w et y, jugées redondantes avec les valeurs phonétiques respectivement assumées par c, ö et j :

  • L’orthographe est rigoureusement phonémique : chaque lettre représente un seul phonème invariant.
  • Aucune consonne ni voyelle n’est muette, y compris en position finale absolue.

Système vocalique

Le système vocalique distingue quatre voyelles fondamentales, quatre voyelles fermées ou arrondies notées avec un tréma (marquant un phénomène diachronique d’affaiblissement vocalique), et quatre voyelles longues notées avec un macron.

Voyelles simples

GraphèmePhonème IPADescription phonétiqueÉquivalent de prononciationExemple
a/a/Voyelle ouverte antérieure non arrondieFrançais patteavlan (avion)
e/ɛ/Voyelle mi-ouverte antérieure non arrondieFrançais hêtre, fêteetrain (train)
i/i/Voyelle fermée antérieure non arrondieFrançais vieisiere (ici)
o/o/Voyelle mi-fermée postérieure arrondieFrançais eauop (ouvert)

Voyelles à tréma (affaiblissement)

GraphèmePhonème IPADescription phonétiqueÉquivalent de prononciationExemple
ä/ɔ/Voyelle mi-ouverte postérieure arrondieFrançais or, portfä (faire)
ë/ø/Voyelle mi-fermée antérieure arrondieFrançais feu, peuevrestën (evrestien), ravëm (la rue)
ï/y/Voyelle fermée antérieure arrondieFrançais lunebesï (occupé), betïs (entre)
ö/u/Voyelle fermée postérieure arrondieFrançais loupsamöi (froid), döo (demain)

Voyelles longues (macron)

GraphèmePhonème IPADescription phonétiqueÉquivalent de prononciationExemple
ā/aː/Voyelle ouverte antérieure longueFrançais pâte, néerlandais maanpāic (parler)
ē/øː/Voyelle mi-fermée antérieure arrondie longueFrançais jeûne, allemand schönqēd (bon), cēvëm (la clé)
ī/iː/Voyelle fermée antérieure non arrondie longueAnglais see, allemand sierīd (lire)
ō/ɔː/Voyelle mi-ouverte postérieure arrondie longueAnglais law, thoughtsnō (savoir), montō (montrer)

Système consonantique

GraphèmePhonème IPACaractéristiques et règles de prononciation
b/b/Consonne occlusive bilabiale voisée.
c/k/Consonne occlusive vélaire sourde. Toujours prononcée /k/, jamais /s/ ni /ʃ/.
d/d/Consonne occlusive alvéolaire voisée.
f/f/Consonne fricative labio-dentale sourde.
g/g/Consonne occlusive vélaire voisée. Toujours dure, jamais palatalisée.
h/h/Consonne fricative glottale sourde. Toujours nettement aspirée.
j/ʝ/Consonne fricative palatale voisée (articulée entre le y anglais et le j suédois).
l/l/Consonne spirante latérale alvéolaire.
m/m/Consonne nasale bilabiale.
n/n/Consonne nasale alvéolaire.
p/p/Consonne occlusive bilabiale sourde.
q/ɣ/Consonne fricative vélaire voisée (identique au g doux néerlandais dans goed).
r/ɾ/Consonne battue alvéolaire voisée (tap alvéolaire, similaire au r espagnol ou japonais).
s/s/Consonne fricative alvéolaire sourde. Toujours sourde, jamais voisée en /z/.
t/t/Consonne occlusive alvéolaire sourde.
v/v/Consonne fricative labio-dentale voisée.
x/ʃ/Consonne fricative post-alvéolaire sourde (comme le ch français dans chat).
z/z/Consonne fricative alvéolaire voisée (rare, limitée aux toponymes et emprunts récents).
Tableau phonologique interactif
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ferméeouverteantérieurepostérieurei/i/ï/y/e/ɛ/ë/ø/a/a/ä/ɔ/o/o/ö/u/voyelles simplesvoyelles affaiblies (tréma)

Voyelles longues (Macrons)

Affaiblissement des voyelles simples

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→
→
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Phonotaxe et euphonie

Pour éviter les hiatus vocaliques lors de l’agglutination de suffixes débutant par une voyelle (-ëm, -ëns, -es) à un radical terminé lui-même par une voyelle, la morphologie evrestienne recourt à l’insertion systématique d’une consonne euphonique de liaison -v- :

  • vinda (fenêtre) + -ëns (pluriel indéfini) → vindavëns (/vindavøns/, et non */vindaøns/) ;
  • cē (clé) + -ëm (défini singulier) → cēvëm (/køːvøm/).

Morphosyntaxe

Le groupe nominal et la détermination

La détermination du substantif s’opère par la combinaison d’une particule préposée et d’un système de suffixes déclinant le nombre et la définitude :

ValeurMorphèmeExempleSignification
Indéfini singulierParticule préposée onon ravëune rue
Défini singulierSuffixe -ëmravëmla rue
Défini plurielSuffixe -ëmsravëmsles rues
Indéfini plurielSuffixe -ënsravënsdes rues

L’emploi du nom nu (sans déterminant) confère une valeur catégorielle ou générique. Ainsi, jinö galda në etrain signifie « nous voyageons en train » (considéré comme mode de transport abstrait), tandis que etrainëm eis isiere spécifie « le train [identifié] est ici ». Par ailleurs, les toponymes et noms propres géographiques ne reçoivent conventionnellement aucun article (në Evrest, à Evrest).

Expression de la possession

La possession s’exprime par deux constructions complémentaires, selon la nature du possesseur :

  • Possesseur animé : le suffixe -es se place sur le possesseur, qui précède le possédé nu (sans suffixe). Après une voyelle, la liaison euphonique -v- s’applique (Anaves ravë) :
    • Paules ravë = la rue de Paul ;
    • xildënses ravë = la rue des enfants (pluriel : xild + -ëns + -es).
  • Possesseur inanimé, lieu ou institution : le possédé précède la préposition dfo, suivie du possesseur :
    • cëngdom dfo Evrest = le royaume d’Evrest ;
    • Cëngalë Academi dfo Evrestën Pāic = l’Académie Royale de la Langue Evrestienne.
  • Possessifs : ils se placent avant le nom nu et ne se combinent jamais avec -es. La série suit celle des pronoms personnels : pluriel en -nö, politesse en -neste (avec haplologie ne-ne → ne et nö-ne → nö).
PersonneSingulierPlurielForme honorifique
1remone (mon)monenö (notre)—
2etone (ton)tonenö (votre)toneste (singulier), tonenöste (pluriel)
3esone (son)sonenö (leur)soneste (singulier), sonenöste (pluriel)

Exemples : mone ravë = ma rue ; soneste altesa = Son Altesse.

Système pronominal

Pronoms personnels

L’evrestien opère une distinction sociolinguistique nette entre forme ordinaire et forme de déférence grâce au suffixe honorifique -neste :

PersonneForme ordinaireForme honorifique (-neste)
1re du singulier (je)ji—
2e du singulier (tu)tiötiöneste (vous de politesse)
3e du singulier (il / elle)ilaiilaineste
1re du pluriel (nous)jinöjinöste
2e du pluriel (vous)tiönötiönöste
3e du pluriel (ils / elles)ilainöilainöste

Les formes complémentaires comprennent les pronoms toniques et réfléchis me / më (moi) et te / të (toi), le démonstratif neutre invariable tël (ceci / cela), ainsi que le pronom impersonnel figé lë utilisé pour les verbes météorologiques ou existentiels.

Pronoms interrogatifs

Les pronoms interrogatifs se placent en tête de proposition dans les interrogations ouvertes :

  • cöat : quoi, que (Cöat fä tiö ?, « Que fais-tu ? ») ;
  • verë : où (Verë eis estasionëm ?, « Où est la gare ? ») ;
  • cö : qui (Cö eis ilai ?, « Qui est-il ? ») ;
  • cöen : quand (Cöen galda tiö ?, « Quand pars-tu ? ») ;
  • cöante : combien (Cöante cost tël ?, « Combien cela coûte-t-il ? ») ;
  • comā : comment (Comā tiö eis ?, « Comment vas-tu ? »).

Morphologie verbale

Le verbe evrestien est strictement invariable en personne et en nombre. Le paradigme verbal s’organise exclusivement autour de la suffixation temporelle et modale sur le radical primitif :

Tiroir verbalSuffixeExemple avec pāic (parler)Équivalent fonctionnel
Présent(radical nu)ji pāicje parle
Passé-iji pāicij’ai parlé, je parlais
Futur-aji pāicaje parlerai
Conditionnel-oji pāicoje parlerais
Impératif-āpāicā !parle ! / parlez !

La particule modale lë

Héritée du proto-substrat oriental, la particule multifonctionnelle lë remplit trois fonctions discursives distinctes selon sa position syntaxique :

  1. Marqueur d’emphase assertif (antéposé au verbe) : renforce la vérité de la proposition (ji lë pāic, « je parle effectivement / j’assure que je parle »).
  2. Marqueur d’interrogation totale (suffixé au verbe) : transforme la proposition affirmative en question fermée fermée oui/non (pāiclë tiö evrestën ?, « parles-tu evrestien ? » ; galdaalë jinö döo ?, « irons-nous demain ? »).
  3. Pronom sujet impersonnel : sert d’amorce syntaxique obligatoire pour les prédicats sans sujet agentif (lë eis samöi, « il fait froid »).

Négation compositionnelle

La négation grammaticale s’exprime par la particule post-verbale na :

  • Négation au présent : ji pāicna (« je ne parle pas »).
  • Négation au passé : agglutination en -ina (ji pāicina, « je n’ai pas parlé »).
  • Négations temporelles complexes : association avec des adverbes postposés (ji pāicna sem, « je ne parle jamais » ; ji pāicna ëst, « je ne parle plus »).
  • Morphologie antonymique : adjointe directement à une base adjectivale, na fonctionne comme un préfixe négatif régulier :
    • net (propre) → netna (sale) ;
    • verit (vrai) → veritna (faux) ;
    • sinpël (simple) → sinpëtrëtna (complexe, littéralement « simple-très-non »).

Adjectifs et système des degrés

L’adjectif qualificatif evrestien est strictement invariable et se place toujours devant le nom. La dérivation d’un adjectif depuis une base nominale s’effectue au moyen du suffixe -ën (evrest → evrestën).

Les nuances d’intensité sont formalisées par un système de degrés universel :

DegréSuffixe morphologiqueExemple avec samöi (froid)Exemple avec varm (chaud)
Affaibli-litsamöilit (frais)varmlit (tiède)
Positif (neutre)(radical nu)samöi (froid)varm (chaud)
Intensifié-trëtsamöitrët (glacial)varmtrët (brûlant)
Superlatif-estsamöiest (le plus froid)varmest (le plus chaud)

L’origine du morphème intensif -trët provient de la grammaticalisation en suffixe de l’adverbe roman trei (très), accompagnée d’un affaiblissement phonétique de la voyelle finale.

Dérivation nominale : le suffixe -gi

Le suffixe -gi (du coréen -기, hérité de la couche coréenne du proto-evrestien) forme un nom d’action à partir d’un radical verbal : « le fait de… ». Après une voyelle, il se fixe tel quel ; après une consonne, une voyelle d’appui i s’intercale (-igi), ce qui évite un groupe consonantique lourd. L’alternance est purement phonologique et ne souffre aucune exception.

  • velj (élire, choisir) → veljigi (élection).

Adverbes et comparaison

  • Formation adverbiale : les adverbes de manière se forment par l’adjonction systématique du suffixe -li à la base adjectivale (qēd → qēdli, bien ; snel → snelli, rapidement ; lemën → lemënli, joliment).
  • Structure comparative : le comparatif d’inégalité s’établit par la structure trei (plus) ou mens (moins) + adjectif + dan (que) :
    • ilai eis trei hōg dan ji (« il est plus grand que moi ») ;
    • tël eis mens qēd dan re (« c’est moins bon que cela »).

Dérivation nominale : le suffixe -at

Le suffixe -at forme des noms désignant un domaine d’activité, un lieu ou une institution. Il se fixe directement sur une racine, sans modification du radical :

  • trāoc (travail) → trāocat (bureau, lieu de travail) ;
  • tecnic- (racine technique) → tecnicat (technologie, la technique en général) ;
  • vën (science) + māc (concevoir, bâtir avec brio) → vënmacat (discipline de l’ingénierie, branche universitaire ou institution).

La valeur du suffixe oscille ainsi entre le domaine (tecnicat), le lieu (trāocat) et l’institution (vënmacat), ce qui le distingue des morphèmes de degré (-lit, -trët) et de la dérivation adjectivale (-ën) ou adverbiale (-li).

Numération et calendrier

La numération evrestienne est strictement décimale et procède par composition affixale :

Base (0-4)Base (5-9)Suffixes d’ordre de grandeur
0 : sero5 : sivDizaines (-is) : onis (10), dōis (20), triis (30), caöris (40)…
1 : on6 : sisCentaines (-ën) : onën (100), dōën (200), triën (300)…
2 : do7 : sepënMilliers (-il) : onil (1 000), dōil (2 000)…
3 : tri8 : oitMillions (-mil) : onmil (1 000 000)…
4 : caör9 : nov
  • Jours de la semaine : base numérale + jidië : onëjidië (lundi), doëjidië (mardi), trijidië (mercredi), caörëjidië (jeudi), sivëjidië (vendredi), sisëjidië (samedi), sepënojidië (dimanche).
  • Mois de l’année : base numérale + mot : onemot (janvier), doemot (février) … onisdoemot (décembre).

Lexique et étymologie

Stratification lexicale

Le vocabulaire evrestien présente une stratification étymologique tripartite :

  1. Superstrat germanique (~45 %) : anglais (commerce, technologies contemporaines, navigation moderne), néerlandais (institutions marchandes, ingénierie hydraulique, pêche du Deltien) et scandinave (forêt, montagne, climat).
  2. Superstrat roman (~35 %) : français (droit constitutionnel, diplomatie, administration, arts culinaires) et portugais (navigation hauturière, pêche australe du Södiland).
  3. Substrat d’Asie de l’Est (~15 %) : coréen et mandarin classique (structures relationnelles, terminologie royale primitive, toponymie historique, botanique autochtone).
  4. Créations académiques et dérivation autonome (~5 %) : néologismes forgés par dérivation inverse ou composition compositionnelle par l’Académie Royale.

Les 15 verbes primitifs fondamentaux

VerbeTraductionGenèse étymologique
eisêtreConvergence du coréen copulatif ida (이다) et de l’ancien français est.
aavoirCroisement du français avoir et du mandarin yǒu (有).
galdaallerNorrois ganga associé au mandarin zǒu (走).
vëmvenirSynthèse du français venir et du néerlandais komen.
fäfaireRapprochement phonétique du français faire et du germanique do/doen.
tsaidireCoréen médiéval jaejal (재잘, verbaliser), promu en registre noble.
seëvoirEmprunt direct au vieil anglais et vieux suédois sēon.
snōsavoirAssociation métaphorique de l’anglais know et du suédois snö (clarté).
cënpouvoirEmprunt au mandarin administratif impérial néng (能).
vöantvouloirRacine romane vouloir assimilée au néerlandais gewoon.
dëstdevoirContraction du français devoir et de l’anglais must.
tacprendre (abstrait)Emprunt à l’anglais commercial take.
nëimprendre (physique)Emprunt direct au néerlandais portuaire nemen.
dadonnerConvergence du mandarin dǎ (打, transmettre) et du français donner.
pāicparlerCroisement du français parler et de la racine chinoise bái (白, exposer).

Exemple de texte

Extrait du Préambule constitutionnel de 1828

Le texte suivant, issu du préambule de la Constitution du 24 octobre 1828, illustre la langue officielle dans son registre juridique solennel :

Texte en evrestien standard

« Cëngalë corōnëm ed lii provinsën rëpresentärëms dfo Evrest tsai cë on onëlt cëngdom stelt pä lii borgärëns, jöstis ed respeit prë tota jöntonëms. Lejavëm eis on saëm prë tota borgärëms. »

Glose interlinéaire

Royal-défini Couronne et libre-pluriel provincial-pluriel conseiller-pluriel de Evrest dire que un uni royaume être fondé sur libre citoyens, justice et respect pour tout-pluriel traditions. Loi-défini être un même pour tout-pluriel citoyen-pluriel.

Traduction en français

« La Couronne Royale et les conseillers provinciaux libres d’Evrest déclarent qu’un royaume uni est fondé sur des citoyens libres, la justice et le respect de toutes les traditions. La loi est la même pour tous les citoyens. »

Éléments du lexique usuel

EvrestienTranscription IPAFrançaisAnalyse morphologique
Bonalo/boˈnalo/BonjourEmprunt roman de salutation
Meretëc/mɛɾɛˈtøk/MerciFormule de politesse autonome
Tac/tak/S’il vous plaîtDérivé du verbe tac (prendre acte)
Prëdonië/pɾødoˈni.ɛ/Pardon, désoléRacine romane avec préposition prë
Se/sɛ/OuiParticule affirmative
Na/na/NonParticule négative universelle
Verë eis estasionëm ?/ˈvɛɾø ɛs ɛstasjoˈnøm/Où est la gare ?Interrogatif verë + copule + estasion + art. déf. -ëm
Ji pāicna evrestën/ʝi paːkˈna ɛvɾɛsˈtøn/Je ne parle pas evrestienPr. ji + verbe négatif pāicna + adj. substantive
Lë eis trei samöi orëidë/lø ɛs tɾɛɪ saˈmøɪ oɾøɪˈdø/Il fait très froid aujourd’huiPronom impersonnel lë + comparatif trei + samöi

Voir aussi

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